Conduite de la vigne Octobre, la vigne s’endort. Les vendanges viennent de se terminer, les vignes ont puisé dans leur terroir toutes les forces nécessaires à leur croissance et à la production d’un raisin de qualité. Elles demandent maintenant soins et repos. C’est la période idéale pour apporter au sol des engrais organiques et minéraux afin d’éviter toutes carences lors de la prochaine croissance de la vigne. Une protection contre les gelées futures est également nécessaire. Certains viticulteurs placent une butte de terre au pied de chaque cep, c’est le buttage qui offre une isolation thermique à chaque pied. D’autres préfèrent simplement laisser pousser l’herbe autour des pieds assurant également une bonne protection thermique. |
Taille, palissage, montée de la sève et débourrement Novembre à mi-Mars, on taille les sarments. La vigne est une liane, elle a donc tendance à se développer de façon anarchique. La taille permet de limiter son envergure. La taille oriente la croissance de la vigne, elle influera par la suite sur sa production. La taille est une tâche pénible, longue et minutieuse qui concerne chaque cep. Elle est en principe assurée par les hommes. Les sarments retirés seront séchés; ils feront une braise très fine au fumet particulier, excellente pour griller l’entrecôte à la bordelaise. Parfois, cependant, ils sont broyés et enfouis dans la terre, ou encore brûlés sur place. Parallèlement à la taille, le vigneron entretient les poteaux et les fils de fer de palissage. Les fils sont retendus afin de préparer l’arrivée de la végétation printanière et les rameaux restants y sont palissés. Mi-mars, la vigne "pleure". La sève monte et suinte à travers les cicatrices de la taille : la vigne "pleure". C’est le cycle végétatif qui redémarre avec le printemps. Le viticulteur adapte son travail aux conditions météorologiques et au rythme de croissance de la vigne. Les bourgeons apparaissent, ils sont prêts à éclore, c’est le débourrement. Les gelées nocturnes du début du printemps sont alors dangereuses car en brûlant les bourgeons, elles peuvent compromettre la récolte. |
Ébourgeonnage Avril, croissance rapide. La croissance des rameaux est très rapide, près de 15 cm par jour. Les bourgeons se développent. Le maître de culture sélectionne les bons rameaux, ceux qui porteront les meilleurs raisins. Il les attache au palissage. Les autres sont supprimés. C’est l’ébourgeonnage. Les embryons de grappes apparaissent; il faut les traiter contre maladies et insectes nuisibles, tels que pucerons ou araignées. |
Floraison Mai, floraison et fécondation. La vigne entre dans son cycle reproductif. La floraison donne les premières indications sur la quantité et la qualité du raisin et annonce déjà la période de la récolte. Mais, il faut compter avec les fortes pluies ou les risques de froid qui ralentissent le processus de pollinisation. Une mauvaise fécondation, appelée coulure, entraîne une diminution du nombre de raisins et de la grosseur des grains. C’est donc une période de surveillance accrue, critique pour le viticulteur. |
Nouaison En Juin, après la floraison, intervient la nouaison : les fleurs fécondées deviennent de minuscules grains de raisin verts. Pour le Merlot, 110 jours seront alors nécessaires pour atteindre une maturité optimale. En juin, la vigne est encore très sensible aux attaques de champignons et autres acariens. L'alternance de pluies et soleil leur sont favorables. Il faut traiter la vigne de nouveau si nécessaire. |
Effeuillage et véraison Juillet et Août, le raisin mûrit. Le plein été constitue l’étape essentielle de la maturation du raisin. La météo joue un rôle primordial. Le viticulteur effeuille la vigne afin que le soleil filtre et que les grappes captent le maximum de soleil. Il procède à la suppression des grappes vertes, pour favoriser l’épanouissement des meilleurs fruits. C’est l’éclaircissage, encore appelé "vendanges en vert" ou "vendanges vertes". La véraison intervient : le raisin change peu à peu de couleur, c’est le début de la maturation. La durée de cette phase dépend pour beaucoup des conditions climatiques du moment. La vigne cesse sa croissance, les rameaux virent du vert au brun : le dénouement approche. |
La trie dans le Sauternais La vendange, uniquement manuelle, est réalisée par tries (passages) successives (2 à 6 tries sont effectuées par parcelle). Chaque grappe va être scrupuleusement inspectée; seules les grappes où les baies sont botrytisées à souhait seront prélevées , celles encore peu touchées seront laissées sur la grappe pour permettre au botrytis de s'y développer. Elles ne seront ramassées que lors d'une des tries suivantes, si leur état de maturité le permet. Il est en effet indispensable d'être très rigoureux dans la trie si l'on veut réaliser un grand Sauternes. La qualité prime avant tout. Récolter de mauvaises baies dénaturerait le vin et compromettrait inexorablement le millésime. |